A la recherche de l’homme providentiel… Acte 3

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Après l’essai de la mafia corse, les français cherchèrent un homme providentiel au milieu des étoiles… avec bicorne et képi. Le premier de la série sera l’illustrissime général Boulanger, qui n’avait pour lui que d’être bel homme (ayant inspiré une représentation à la télévision française par Jean Marais). Dans la foulée de l’esprit revanchard et franchouillard qui avait mal réagi à la défaite de 1870, ce général d’occasion réuni sous son nom toute la série de ceux qui voulaient prendre une revanche sur la défaite et récupérer l’Alsace-Lorraine.

Malheureusement ce brave général était une velléitaire, qui savait bien caracoler devant les défilés et qui se dégonfla au moment où il allait être porté au pouvoir à l’Elysée. En fait, il s’exhibait sur les champs de manœuvre où le bon public français allait l’admirer. Bien évidemment, ce plaisantin allait beaucoup décevoir, quand il alla se suicider sur la tombe de sa maîtresse à Bruxelles.

Mais l’histoire n’est pas finie. Le prochain homme providentiel sera couvert de lauriers et alla jusqu’à avoir sept étoiles… Comme vous l’avez compris c’était un maréchal de France. Après une série d’atermoiements, la République alla cahin caha jusqu’à une nouvelle déroute face à la Germanie en 1940. Cette déroute fut un effondrement. Les socialistes issus du Front Populaire (1936) avaient réduit le service militaire à un an, alors que de l’autre côté du Rhin tous les hommes étaient mobilisés, non pas pour une revanche car l’armée allemande n’avait pas perdu la guerre en 1918, c’était les socialistes au pouvoir qui avaient baissé les bras. L’armée française était en totale déroute, des millions de français traînaient dans les chemins pour fuir l’envahisseur.

Nos braves socialistes n’eurent plus qu’une solution : trouver un homme providentiel pour sauver la situation et demander l’armistice. Tapi dans l’ombre, le vieux maréchal (84 ans) en profita pour saisir le pouvoir avec une assemblée totalement à gauche qui lui donna les pleins pouvoirs. Ces braves députés avaient trouvé le bouc émissaire à qui ils voulaient faire porter la défaite. Ce nouvel homme providentiel était un vieil homme, il n’avait pour eux qu’une qualité : il s’était toujours proclamé républicain, il faisait donc l’affaire. Au lieu de sauver la France il fut l’un des promoteurs de la guerre civile dans notre pays. On peut lui pardonner, c’était un vieillard !

Pendant ce temps-là, un autre étoilé, avec deux étoiles provisoires, menait ses intrigues. Il s’était lui-même désigné homme providentiel en fuyant en Angleterre, dont il devint le valet. Pour assurer son pouvoir, il fit sortir des prisons de France et de Navarre, tous les communistes qui avaient déserté en 40, à l’époque où Staline et Hitler étaient copains. Il s’estima alors le sauveur de la France alors qu’il n’était seulement qu’un déserteur comme Maurice Thorez le chef des déserteurs en France. Après quelques démêlés avec les tenants du système (communistes, socialistes, radicaux, démocrates-chrétiens etc.) il quitta le pouvoir en claquant la porte et en précisant « qu’il était le seul recours pour la France ». Il resta en embuscade dans son village durant treize ans, et profitant de la bêtise et de l’ignorance des français d’Algérie, il s’empara du pouvoir…En précisant qu’il avait sauvé la République. On pourrait lui donner un satisfecit, mais en sauvant cette République, il compromettait l’avenir de la France. Et pour en finir avec ce sauveur, rappelons que devant les grands troubles sociaux de mai 68, il se sauva en Allemagne.

Quand on survole l’histoire de notre pays, on constate que le seul homme providentiel qu’on a connu, il s’appelait : Jeanne d’Arc…qui chassa l’ennemi de France et fit couronner le roi à Reims, ce roi qui n’était pas un homme providentiel mais l’héritier des Capétiens qui ont construit la France.

Jean-Pierre Hollender

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