Notice biographique sur Kaddour Mermet

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Monsieur Alessandro Costantini, professeur de littérature de langue française à l’Université Ca’ Foscari de Venise, qui interviendra le samedi 15 novembre lors des Rendez-vous annuels du CDHA d’Aix-en-Provence, a réagi à notre article de la semaine dernière, en apportant ces quelques précisions concernant l’auteur Kaddour alias Kaddour Mermet.

En effet, Kaddour, alias Kaddour Mermet, ne doit pas être confondu avec Kaddour Ben Nitram. Certes, tous deux sont auteurs de fables en sabir mais ce sont bien deux auteurs distincts.
Kaddour, alias Kaddour Mermet, est l’auteur des Fables et contes en sabir paru en 1898, de loin le recueil le plus important de fables en sabir « inspirées » de La Fontaine.

Le professeur Alessandro Costantini précise : « qu’il faut partir des rares renseignements qu’en donne le préfacier des Fables et contes en sabir, Georges Moussat. D’abord il le nomme par son pseudonyme, puis par ce pseudonyme rattaché à un nom (Mermet) sans aucune explication, pour terminer en ne l’appelant que Mermet. Est-ce là son vrai nom ? Question à laquelle il était difficile de répondre, jusqu’au moment où j’ai retrouvé un exemplaire – le seul existant apparemment dans le réseau bibliothécaire mondial accessible sur internet – de cette édition du livre dans une bibliothèque publique, celle de l’Institut de France. Qu’avait-il de plus, cet exemplaire, que celui en ma possession ? Un détail, déclaré sans autres précisions dans la fiche bibliographique : une dédicace de l’auteur.
Sur ma requête, la Bibliothèque de l’Institut de France m’a aimablement fourni le scan que voici de cette dédicace :

De cet envoi il résulte que l’auteur, avant de le signer en tant que Kaddour, y appose aussi l’initiale de son prénom ‘A.’ et son vrai nom : Mermet. Le préfacier nous dit en outre que : « Mermet a soigné ses fables comme il soigne ses mosquées et ses établissements diocésains : de jolies arabesques circulent à travers le texte et ne font que l’enjoliver ; on sent qu’on se trouve en présence d’un penseur de l’architecture, doublé d’un architecte de la pensée ». Donc, on aurait affaire à un littéraire amateur, qui occupe ses loisirs à créer des textes en sabir, mais architecte de son métier, initialement inspecteur des travaux diocésains d’Alger.
Est-ce vrai ? cet architecte, existe-t-il ? Une enquête sur internet m’a fourni – assez vite, à vrai dire – les données suivantes : qu’il a bel et bien existé un Clément François André Mermet, né le 17 septembre 1844, à Grenoble (Isère) ; marié le 5 août 1871, Alger, avec Anne Sylvie Callamand . Architecte de profession, il a été inspecteur des travaux diocésains d’Alger, d’abord, et ensuite architecte du gouvernement général de l’Algérie ».

Un grand merci au professeur Costantini pour ces précisions bien utiles !

Bénédicte Hollender


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